Le Chant du Perray

Samedi 7 avril, lors du Concert de Printemps, à la Salle des Fêtes de la Mare au Loup, l’orchestre d’harmonie de la Société Musicale et une classe des écoles du Perray, vont créer ce chant, écrit, pour la musique, par Alexandre CARLIN et, pour les paroles, par l’Atelier d’HMPY. Venez nombreux assister à l’événement !!! En avant-première, voici les paroles et leur explication :

Premier couplet : Les premiers temps
Sur la route romaine d’Orléans à Poissy
L’évêque de Chartres créa la paroisse Saint-Eloi
Et sur le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

Des terres essartées naquit Le Perray.
La voie romaine, qui servira de tracé à la future Nationale 10 (route de Paris à Bayonne), relie à l’origine Orléans (Cenabum) à Poissy (Pinciacum) et constitue la via Turonensis (passant par Tours), une des quatre routes menant à Saint Jacques de Compostelle, en Espagne, haut lieu de pèlerinage de tout l’Occident au XIIe siècle. La Croix Saint-Jacques, située à la sortie sud du Perray, en témoigne. La paroisse voisine des Essarts-le-Roi date du Xe siècle et doit son nom au défrichage
(essartage) de la forêt pour créer des terres agricoles (novales). Au XIIIe siècle, quelques bûcherons essartent de nouvelles terres au sud, en limite du diocèse de Chartres et son évêque, Aubry Le Cornu, à partir des feux (maisons) de ces bûcherons, crée, en 1242, la Paroisse du Perray, placée sous le patronage de Saint Eloi, et l’inscrit au pouillé (inventaire des bénéfices) chartrain, pour soustraire ce nouveau produit au clergé qui reçoit celui des Essarts-le-Roi.

Deuxième couplet : Le temps des rois
Forêt d’Yveline riche en eaux et gibier
L’onde des étangs crée la Rivière du Roi Soleil

Puis le Pavillon de chasse de Saint-Hubert
Et au bout des arches celui de l’Empereur.
La Forêt d’Yveline (Sylva Aquilina = forêt gorgée d’eaux) est le massif forestier qui s’étendait de l’ouest de l’Essonne à Saint-Germain-en-Laye dont la forêt de Rambouillet était le coeur et le Pays d’Yveline correspond à peu près au territoire du Parc Naturel de la Haute-Vallée de Chevreuse. Depuis la construction du château de Saint-Léger par Robert II le Pieux, un peu avant l’an 1000, elle devient territoire de chasse et des zones de défrichement sont confiées aux ordres monastiques (Vaux de Cernay, Port-Royal des Champs). En 1685, Louvois, chargé de l’alimentation en eaux du Château de Versailles, décide la mise en réseau des étangs et rigoles de Rambouillet à Trappes et crée le Lit de Rivière qui va drainer et rendre arables près de 15 000 ha : c’est l’aménagement des étangs de Saint-Hubert et la création de celui du Perray. Le site de Saint-Hubert retient l’attention de Louis XV qui commande à Gabriel (architecte du Petit Trianon), en 1755, un pavillon de chasse, le Château de Saint-Hubert, abandonné sous Louis XVI et mis à sac sous la Révolution et Napoléon à l’autre bout du pont demande à Famin de lui construire le Pavillon de Pourras qu’il n’utilisera jamais et dont il reste les ruines.

Troisième couplet : Le temps du train
Le chemin de fer vint couper le village
La Gare du Perray remplaça celle de l’Artoire
Bientôt affluèrent les rois et les présidents
Et pierres, bois et blé, montèrent vers Paris.
Le 5 juillet 1849, la ligne de chemin de fer Paris-Chartres est mise en service : elle passe sur l’étang du Perray dont la partie morte deviendra l’Abreuvoir, condamne la route d’Auffargis, crée les rues du Vieux Moulin et du Petit Pas, et isole pour longtemps la partie Est. Par contre, pas de gare au Perray, mais une station à  l’Artoire pour le propriétaire du Château… Après quinze ans de réclamations, la station est transférée au Perray en janvier 1862 et quelques années
plus tard, le boulevard (rebaptisé avenue en 1931) de la Gare est percé pour donner accès aux équipages, et bientôt le Comte Potocki qui a racheté au Baron de Rothschild le rendez-vous de chasse de la Croix Saint-Jacques accueille le Président Félix Faure et le Tsar Nicolas II. Le transport des marchandises va dynamiser Le Perray : du triage partent vers Paris de nombreux convois de pierre (c’est l’origine du nom de la ville), de grumes de bois ou de céréales.

Quatrième et dernier couplet : Les temps nouveaux
Un village route : restaurants et bouchons…
La grand-route tant souhaitée un jour changea sa destinée
On vint de partout pour s’installer et goûter
La douceur de vivre aux portes de la forêt.
Né de la route comme le mentionne son blason (e via orta), Le Perray est à l’origine un village-rue et la route qui le traverse est un axe essentiel de circulation et favorise depuis le XVIIIe siècle le commerce de la route : auberges, charrons, maréchaux, cochers jalonnent la traversée du village de l’Artoire à la Croix-Saint-Jacques, et, à partir de 1920, restaurants, cafés, buvettes et stations-service fleurissent. Las, l’automobile génère des désagréments : bruits, accidents fréquents et bouchons tous les weekends. Il faudra plus de vingt ans de démarches pour que les 5,8 kilomètres de déviation deviennent enfin réalité, le 25 mai 1976. Le village va alors se transformer et devenir plus résidentiel : un peu moins de 1 000 habitants en 1901, 3 000 habitants en 1975, la population atteint près de 7 000 habitants en 2018. L’urbanisation se développe, de nouveaux quartiers apparaissent (Coeur Perray, Barantonnerie, Cottages, Séquoias, Porte Moutonnière…) et accueillent de nombreux urbains de la Petite Couronne ou du nord des Yvelines ou des provinciaux qui travaillent sur Paris ou sa proche banlieue et qui recherchent principalement la nature offerte par la forêt, les étangs et rigoles et le Parc Naturel Régional.