Le Perray en 1914

Dans le cadre du Centenaire de la Première Guerre Mondiale, Histoire et Mémoire du Perray en Yvelines publiera en novembre prochain une plaquette intitulée 1918-2018 un centenaire pour la Paix, consacrée au Perray pendant la Grande Guerre.

Vous pourrez y retrouver développés et enrichis les articles consacrés à cette période et publiés dans Le Perray-Infos ou sur le site www.leperray.fr et des articles inédits. Nous y accueillerons la collaboration d’une nouvelle adhérente, Marielle Chauvin, généalogiste professionnelle, dont nous vous recommandons le blog (http://mlcgenealogie.canalblog.com)

En avant-première, voici un condensé de l’article de présentation du Perray en 1914.

Le recensement de 1911* , dernier avant le conflit, et la monographie d’Henri Guibert** réalisée en 1899 à l’occasion de l’Exposition Universelle, permettent d’avoir une image assez nette du village au moment de la Mobilisation Générale du 2 août 1914.

Ledit recensement dénombre 1019 habitants au Perray, soit 97 de plus qu’en 1906 (922) et donc un accroissement de 10.5 % qui reflète parfaitement celui de la Seine-et-Oise (+ 9%), alors que le taux moyen de progression de la population française est inférieur à 1% (+ 349 624 h pour un total de 39 601 509 h). La rurbanisation*** en cours de la Seine-et-Oise explique son attrait au moment où les crises agricoles de 1906-1908 ont provoqué un exode rural.

Sur l’ensemble de la France, l’accroissement naturel – différence entre les naissances et les décès – n’est que de + 137 000 et révèle donc une immigration de près de 213 000 étrangers (principalement Italiens, Belges et Juifs d’Europe centrale, malgré l’Affaire Dreyfus). Au Perray, l’accroissement naturel de 1906 à 1910 est de + 25, on peut donc en conclure que près des trois-quarts des nouveaux Perraisiens**** sont venus d’eux-mêmes pour s’y installer. Par contre aucun étranger (le seul, italien d’origine et fumiste de profession, est installé depuis près de 10 ans). L’attrait de la route, de la voie ferrée et surtout de la gare est déjà à l’origine de nombreuses installations au Perray.
Sur 991 habitants, nominalement recensés***** , la parité hommes-femmes est remarquable (496-495). 45 % sont natifs du Perray, 30 % de Seine-et-Oise (essentiellement les communes voisines) ou d’Eure-et-Loir. A noter aussi, une proportion grandissante de Bretons (50) et de Sarthois (25) qui s’explique par l’extension des Chemins de Fer de l’Ouest.
La première activité reste agricole : 30 patrons cultivateurs pour pratiquement autant de fermes, essentiellement sur la Rue Verte, et les hameaux du Roseau ou de la Touche – et une en centre-ville, à l’emplacement des actuels 5 et 5bis rue de Chartres, autant d’ouvriers agricoles et un grand nombre de journaliers alternent les travaux des champs avec le débardage pour les trois marchands de bois ou l’extraction pour les cinq carriers de la commune, puis le charroi vers la halle aux marchandises : 500 Tonnes de céréales, 5 000 Tonnes de bois et 13 000 Tonnes de pierre meulière partent chaque année pour Paris.
L’activité commerçante anime la rue principale : une trentaine de commerces offrent près de 60 emplois et les plus nombreux sont des « buvettes ». Le premier mécanicien s’est installé, alors que maréchaux et charrons travaillent activement pour les équipages du comte Potocki qui emploie 4 cochers et un faisandier****** . Nombre d’artisans, maçons ou menuisiers, travaillent pour la famille Rothschild installée aux Vaux de Cernay. Les travaux du bâtiment deviennent une spécialité locale, pour sortir de la condition souvent journalière et polyvalente de l’ouvrier agricole – et devenir maçon, et emploient près de 60 Perraisiens. Une cinquantaine de personnes prennent aussi chaque jour le train pour aller travailler en direction de Paris.
La Société de Tir L’Espérance, prenant le relais de l’école et de l’entraînement réglementaire au tir sur des carabines Flobert, prépare le conflit à venir : depuis 1911, avec l’agrément du Ministre de la Guerre, une section de préparation militaire permet aux futurs conscrits de s’entraîner à l’arme de guerre.
La guerre qui s’annonce mobilisera près de 8 700 000 Français, et concernera, au Perray, selon la loi militaire en vigueur, entre 40 et 50 mobilisables dans l’active (nés entre 1891 et 1899, classes plutôt creuses) et près de 170 réservistes et territoriaux (nés entre 1865 et 1890) …

*Disponible en ligne sur le site des Archives des Yvelines.
**Instituteur de l’école des garçons entre 1894 et 1900 dont la monographie est disponible aussi sur le site des Archives des Yvelines.
***Le terme date de 1976, mais le phénomène s’est dessiné depuis le début du XXème siècle.
****Ancien gentilé des habitants du Perray usité jusque dans les années soixante-dix.
*****La différence avec le total annoncé par le document officiel de recensement est due à la non-inscription de certaines personnes.
******Eleveur de faisans (chaque année, le comte a besoin de 700 à 800 faisans).

Dans le cadre du Centenaire de la Première Guerre Mondiale, Histoire et Mémoire du Perray en Yvelines publiera en novembre prochain une plaquette intitulée 1918-2018 un centenaire pour la Paix, consacrée au Perray pendant la Grande Guerre.

Vous pourrez y retrouver développés et enrichis les articles consacrés à cette période et publiés dans Le Perray-Infos ou sur le site www.leperray.fr et des articles inédits. Nous y accueillerons la collaboration d’une nouvelle adhérente, Marielle Chauvin, généalogiste professionnelle, dont nous vous recommandons le blog (http://mlcgenealogie.canalblog.com)

En avant-première, voici un condensé de l’article de présentation du Perray en 1914.

Le recensement de 1911* , dernier avant le conflit, et la monographie d’Henri Guibert** réalisée en 1899 à l’occasion de l’Exposition Universelle, permettent d’avoir une image assez nette du village au moment de la Mobilisation Générale du 2 août 1914.

Ledit recensement dénombre 1019 habitants au Perray, soit 97 de plus qu’en 1906 (922) et donc un accroissement de 10.5 % qui reflète parfaitement celui de la Seine-et-Oise (+ 9%), alors que le taux moyen de progression de la population française est inférieur à 1% (+ 349 624 h pour un total de 39 601 509 h). La rurbanisation*** en cours de la Seine-et-Oise explique son attrait au moment où les crises agricoles de 1906-1908 ont provoqué un exode rural.

Sur l’ensemble de la France, l’accroissement naturel – différence entre les naissances et les décès – n’est que de + 137 000 et révèle donc une immigration de près de 213 000 étrangers (principalement Italiens, Belges et Juifs d’Europe centrale, malgré l’Affaire Dreyfus). Au Perray, l’accroissement naturel de 1906 à 1910 est de + 25, on peut donc en conclure que près des trois-quarts des nouveaux Perraisiens**** sont venus d’eux-mêmes pour s’y installer. Par contre aucun étranger (le seul, italien d’origine et fumiste de profession, est installé depuis près de 10 ans). L’attrait de la route, de la voie ferrée et surtout de la gare est déjà à l’origine de nombreuses installations au Perray.
Sur 991 habitants, nominalement recensés***** , la parité hommes-femmes est remarquable (496-495). 45 % sont natifs du Perray, 30 % de Seine-et-Oise (essentiellement les communes voisines) ou d’Eure-et-Loir. A noter aussi, une proportion grandissante de Bretons (50) et de Sarthois (25) qui s’explique par l’extension des Chemins de Fer de l’Ouest.
La première activité reste agricole : 30 patrons cultivateurs pour pratiquement autant de fermes, essentiellement sur la Rue Verte, et les hameaux du Roseau ou de la Touche – et une en centre-ville, à l’emplacement des actuels 5 et 5bis rue de Chartres, autant d’ouvriers agricoles et un grand nombre de journaliers alternent les travaux des champs avec le débardage pour les trois marchands de bois ou l’extraction pour les cinq carriers de la commune, puis le charroi vers la halle aux marchandises : 500 Tonnes de céréales, 5 000 Tonnes de bois et 13 000 Tonnes de pierre meulière partent chaque année pour Paris.
L’activité commerçante anime la rue principale : une trentaine de commerces offrent près de 60 emplois et les plus nombreux sont des « buvettes ». Le premier mécanicien s’est installé, alors que maréchaux et charrons travaillent activement pour les équipages du comte Potocki qui emploie 4 cochers et un faisandier****** . Nombre d’artisans, maçons ou menuisiers, travaillent pour la famille Rothschild installée aux Vaux de Cernay. Les travaux du bâtiment deviennent une spécialité locale, pour sortir de la condition souvent journalière et polyvalente de l’ouvrier agricole – et devenir maçon, et emploient près de 60 Perraisiens. Une cinquantaine de personnes prennent aussi chaque jour le train pour aller travailler en direction de Paris.
La Société de Tir L’Espérance, prenant le relais de l’école et de l’entraînement réglementaire au tir sur des carabines Flobert, prépare le conflit à venir : depuis 1911, avec l’agrément du Ministre de la Guerre, une section de préparation militaire permet aux futurs conscrits de s’entraîner à l’arme de guerre.
La guerre qui s’annonce mobilisera près de 8 700 000 Français, et concernera, au Perray, selon la loi militaire en vigueur, entre 40 et 50 mobilisables dans l’active (nés entre 1891 et 1899, classes plutôt creuses) et près de 170 réservistes et territoriaux (nés entre 1865 et 1890) …

*Disponible en ligne sur le site des Archives des Yvelines.
**Instituteur de l’école des garçons entre 1894 et 1900 dont la monographie est disponible aussi sur le site des Archives des Yvelines.
***Le terme date de 1976, mais le phénomène s’est dessiné depuis le début du XXème siècle.
****Ancien gentilé des habitants du Perray usité jusque dans les années soixante-dix.
*****La différence avec le total annoncé par le document officiel de recensement est due à la non-inscription de certaines personnes.
******Eleveur de faisans (chaque année, le comte a besoin de 700 à 800 faisans).